jeudi 6 février 2014

Le bangala, quand la politique se mêle à la musique.

Retour aujourd'hui sur un épisode de l'entre deux guerres, où les villages étaient divisés entre la ferveur patriotique et les conservateurs pro-allemands.

La division politique s'est ressentie dans l'harmonie qui s'est séparée, avec un épisode cocasse...


Même s'il est fermement stipulé dans les statuts que toute politique est interdite dans l'harmonie, elle fait néanmoins partie intégrante de la vie sociale. Si aujourd'hui on en parle souvent sous forme de plaisanterie, vers 1930, la politique a divisé l'harmonie. Les rouges étaient pro français, les noirs, plutôt du côté des curés, eux-même restés fidèles à l’Allemagne. Albert Zeh père, pro français, (rouge), fit un « putsch » contre l'ancien directeur, pro curés et allemands, (noir). Des exclusions de membres eurent lieu et ils formèrent le Bangala. 

Les deux musiques rivales en sont même venues aux mains. Monsieur Stalter raconte :

«  Oui un jour à Soultzbach il y avait un congrès de fanfares. Il y avait une fanfare qu'on appelait la Noire. Et la musique normale jouait aussi. Bon cette fanfare était à Soultzbach et une fois le congrès terminé, ils ont bu un dernier coup, ils sont partis à pied, et la musique s'est retrouvé au beau milieu de la route, au coin, et ils se sont mis à jouer. A l'époque on pouvait encore jouer dans les rues. Et ils m'ont dit «  Sepala Komm, stand mittla dri, dü hebst uns die notta ». Alors je me suis mis au milieu des musiciens, et j'ai tenu la partition. Et là sont arrivés les musiciens du Bangala qui jouaient eux aussi. C'était à celui qui jouait le plus fort, chacun voulait empêcher l'autre de jouer. Et quand ils se sont croisés, ça a bardé, ils se sont battus, ils étaient couchés dans les fossés. Les musiciens en bord de cortège avaient filés, mais moi j'étais toujours là au beau milieu. Mais j'ai bien vite déguerpi quand ils se sont tabassé avec les clairons ! »1

1Joseph STALTER, interview par Gerard LESER, 2000

Le bangala

Natacha Mangold

 

lundi 27 janvier 2014

Pour mettre l'eau à la bouche !

Le compositeur d'origine Bischheimoise Frédéric Sali a participé à de nombreux jurys à la frontière entre le XIXe et le XXe siècle (Colmar, Strasbourg, Paris...).
Il a consigné dans ses mémoires "Mon oncle au concours" (publiées en 1930) une foule de descriptions sur sa carrière de juré orphéonique. 

Dans sa publication "Alsace, terre de musique et de musiciens, Vol. 1", qui paraîtra prochainement, la FSMA reviendra sur cette personnalité emblématique.

En attendant, picoré dans ces mémoires, voici le menu du banquet offert au jury du concours d'Alger, le 8 Août 1912 :


mercredi 22 janvier 2014

À découvrir : le compositeur belge L.J. Baudonck

La FSMA vous propose aujourd'hui une pause musicale...

Écoutez "Repose en paix", (diffusé sur YouTube) interprété par l'harmonie espagnole "La Musica de Nuestra Semana Santa" :



Qui est Baudonck, et pourquoi en parler sur le blog ?

Il est l'auteur de la pièce écrite spécialement pour le concours de Strasbourg 1905 (que nous avons déjà évoqué précédemment) et re-découverte dans les archives de la société philharmonique de Sarre-Union.

Une partition dont nous reparlerons dans les prochains temps...


mardi 7 janvier 2014

Concours de Strasbourg - 1905 (suite)

Retour à Sarre-Union (67) où nous faisons un retour dans le passé, les 29 et 30 juillet 1905, au concours de musique de Strasbourg.

Les archives ne sont pas que de vieux documents jaunis, ce sont parfois également des objets.

Voici l'un d'entre eux :


Une médaille sur laquelle est gravé :
"Elsass-Lothring - MusikWettstreit - Strasburg 29 & 30 Juli 1905"

Et plus bas :
"Musikverein - Saarunion / I Preis"
Un Premier prix pour la société Philharmonique de Sarre-Union à ce concours !


Et au verso, les mêmes symboles que ceux découverts sur la carte postale : la lyre, le laurier, la cathédrale de Strasbourg... mais également des instruments de musique, et un blason.

Une représentation majestueuse pour concours qui fut sans aucun doute un événement majeur en Alsace, en 1905 !

Merci à Georges Melchiori, président de la Société philharmonique, à Jacqueline Melchiori, adjointe au maire chargée de la culture, et Florence Lanoix pour leurs recherches.

vendredi 3 janvier 2014

Concours de Strasbourg - 1905

C'est à Sarre-Union (67), que notre chargée de mission, Florence Lanoix, a déniché une carte postale (et pas que...) d'un événement qui eut un fort écho en Alsace en 1905 : le Concours de musique de Strasbourg (Elssas-Lothring Musikwettstreit).

Événement marquant puisque à l'heure où nous publions ces lignes, plusieurs documents d'archives et recueils nous ont déjà mis sur la trace de cet épisode historique.

L'objet de ce blog étant de partager avec nos lecteurs, entre autres, les découvertes insolites que nous avons déjà pu faire, nous publions ci-dessous une carte postale qui fut éditée spécialement pour l'occasion !


Cette image représente une jeune femme qui porte une couronne de lauriers et tient une lyre. Ce sont là les symboles attribués à Apollon, dieu des arts, de la poésie, de la lumière, de la beauté... et de la musique !
Au loin, Strasbourg et sa cathédrale.

Le laurier fut également plus tard symbole de la "victoire triomphante". 
En en parlant de victoire, un autre objet a attiré notre attention dans les archives de la société philharmonique de Sarre-Union...

(Suite au prochain article...)