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jeudi 9 juillet 2015

La vie musicale en Alsace Bossue

Extrait de la publication "Alsace Bossue, de la musique et des hommes"



Depuis plusieurs siècles, l’Alsace Bossue est le bassin d’une vie musicale très riche qui a formé ou accueilli plusieurs grands musiciens à la réputation internationale. Aujourd’hui encore, grâce à son histoire et sa géographie particulières, elle est un site où la musique d’harmonie ou de groupe, profane ou sacrée, est très présente.

Les premiers ensembles musicaux voient le jour dans les années 1800, et même avant, au sein des églises. (...) Ces musiciens finissent par se regrouper en dehors du contexte religieux et créent les premières sociétés de musique profane. 

Des musiciens participent à une procession religieuse
L’apprentissage de la musique dans les campagnes comme l’Alsace Bossue est bien différent de ce que l‘on peut connaître aujourd’hui ; on apprend à jouer d’un instrument à l’armée, grâce à un ami ou un parent ou, si l’on à un peu plus de chance, à l’école. C’est généralement sous l’impulsion d’un « bon musicien » que des amateurs se regroupent et forment ainsi des cliques ou des fanfares dans les petits villages. Cette activité musicale permet aussi de se détendre de manière conviviale lorsque l’on rentre du travail ou des champs. De plus, pour certaines communes, les musiciens sont un atout très important : possibilité de sonner une alerte en cas d’incendie, d’encadrer les jeunes ou, tout simplement,  d’entendre de la musique. (…)

À l'aube du XXème siècle, l'industrialisation des campagnes se caractérise par l'implantation de manufactures. Les chapeaux de paille de Langenhagen, les cordes et cordages Dommel, les couronnes de perles Karcher, les gazogènes Imbert ont été longtemps des fabrications de renommée mondiale. Cet essor industriel apporte des capitaux et un soutien généreux aux nombreuses associations et leur permet de se développer(...). Ces industriels amènent aussi avec eux de nombreux contacts de prestige, à l’image de Vincent d’Indy (ami de Mme Dommel-Diény), qui propose, à Sarre-Union même, des concerts de grande qualité permettant la découverte de nouveaux styles de musique.

 
Grâce à cette histoire et à sa situation privilégiée, l’Alsace Bossue compte aujourd’hui un terreau très important de musiciens, formés dans cinq écoles de musique et de danse et pratiquant dans l’une ou l’autre des dizaines d’associations fort présentes et actives (harmonies, chorales, groupes de musique actuelle…), sans oublier les pratiques plus individuelles comme le piano ou l’orgue.

mercredi 18 février 2015

1863, Berlioz à Strasbourg (4)

La venue d'Hector Berlioz à Strasbourg, et la construction de l'immense salle en bois, place Kléber, n'a, à l'époque, pas manqué de faire grincer des dents. Nous vous proposons aujourd'hui, pour conclure cette série d'articles consacrés à cet événement majeur de l'année 1863, une série de documents satyriques, humoristiques et polémiques publiés à cette époque.





Merci à Michel Austin et Monir Tayeb, fondateurs du site Hector Berlioz, pour la mise à disposition de toutes les ressources qui ont été nécessaires à la rédaction de cet article que vous trouverez en intégralité à l'adresse : http://www.fsma.com/publication.html


lundi 2 février 2015

1863, Berlioz à Strasbourg (3)

Discours de Berlioz 




Le samedi 20 juin, deux jours avant le concert, Berlioz est convié par un groupe de sociétés chorales allemandes à une célébration à Kehl, sur la rive allemande du Rhin en face de Strasbourg. Pour s’y rendre il traverse le pont du Rhin nouvellement construit en 1861. Berlioz donne un bref récit de la cérémonie dans une lettre à son beau-frère Camille :

« Les allemands avaient voulu me fêter avant les français et quand on a su que j’étais à Strasbourg les sociétés de Carlsruhe, Bade, Manheim, Heidelberg etc, réunies à Kehl m’ont invité à venir les entendre et m’ont reçu au pont du Rhin avec des Hourras, coups de canon, musique militaire, etc. On m’a conduit à l’Église où un chœur de bienvenue a été chanté, force hourras et vivats y ont été lancés, des discours prononcés. Puis on m’a ramené dans le même ordre à la rive française. »

Pas plus que dans les Mémoires Berlioz ne parle ici du bref discours qu’il fit à cette occasion, et dont on possède le texte dans deux brouillons autographes.



Ce discours mérite d’être cité intégralement:


« Monsieur,

Nous avons été très heureux, mes confrères et moi, de nous rendre à l’invitation de la ville de Strasbourg, et nous regrettons de n’avoir pu faire davantage pour la seconder dans sa belle entreprise. Vous l’avez dit, monsieur, sous l’influence de la musique l’âme s’élève et les idées s’agrandissent, la civilisation progresse, les haines nationales s’effacent. Voyez aujourd’hui la France et l’Allemagne se mêler! L’amour de l’art les a réunies et ce noble amour fera pour leur union complète bien plus que ce pont merveilleux du Rhin et toutes les autres voies de communication rapides établies entre les deux pays.

Le grand poète a dit: « L’homme qui n’a point en lui de musique est un homme dangereux, il n’est propre qu’aux ruses, aux embûches, aux trahisons. Méfiez-vous de lui! » Sans doute Shakespeare a usé là de la liberté d’exagération accordée aux poètes. Mais l’observation prouve néanmoins que si sa proposition est outrée pour les individus, elle l’est beaucoup moins pour les peuples, et l’on doit aujourd’hui reconnaître que là ou la musique finit la barbarie commence.

À la ville très civilisée de Strasbourg, aux villes très civilisées de France et d’Allemagne qui avec tant d’enthousiasme viennent de se joindre à elle pour réaliser le projet de son magnifique festival ! »

*

Retrouvez l'intégralité de l'article consacré à cet événement dans la version en ligne "Alsace, terre de musique et de musiciens - vol. 1" à l'adresse : http://www.fsma.com/publication.html


mercredi 21 janvier 2015

1863, Berlioz à Strasbourg (2)

Le concert de 1863 :


Berlioz quitte Paris pour Strasbourg à 20h00 le lundi 15 juin. Bien qu'il ne le précise pas il voyage certainement par le train au départ de la gare de l'Est, et arrive le lendemain matin à Strasbourg. Il loge chez le musicien Jean Becker au 103 Grand Rue. Une fois arrivé, il s'occupe des répétitions, d'abord les chœurs les 17 et 18 juin, puis de la répétition générale le 20. Le 20 au soir il est invité à une réception à Kehl, sur la rive gauche du Rhin. Le 21 a lieu la réunion des sociétés chorales (106 en tout) 2000 chanteurs occupent l'estrade et le soir le Préfet offre un banquet. Le jour du concert, lundi 22 juin, on assiste le matin au concours des sociétés chorales, Berlioz en est le président du jury.

Le concert de l'après-midi est en deux parties. La première comprend la 7ème symphonie de Beethoven, la cantate Les voix de la lyre, par Schwab, l'ouverture d'Euryanthe de Weber, et des extraits de L'océan, oratorio de Elbel. Berlioz ne participe pas à cette première partie, dont il ne parle d'ailleurs nulle part dans sa correspondance.
La deuxième partie est consacrée à l'Enfance du christ sous sa direction. La chœur comprend 460 chanteurs et l'orchestre pas moins de 90 exécutants.




Aucune lettre de Berlioz datant de son séjour strasbourgeois ne survit, mais plusieurs lettres d’après son retour à Paris donnent plus de détails. Le 27 juin il écrit à Humbert Ferrand :


« J’arrive de Strasbourg moulu, ému… L’Enfance du Christ exécutée devant un vrai peuple a produit un effet immense. La salle, construite ad hoc sur la place Kléber, contenait huit mille cinq cents personnes, et néanmoins on entendait de partout. On a pleuré, on a acclamé, interrompu involontairement plusieurs morceaux. Vous ne sauriez vous imaginer l’impression produite par le chœur mystique de la fin: « O mon âme! ». C’était bien là l’extase religieuse que j’avais rêvée et ressentie en écrivant. Un chœur sans accompagnement de deux cents hommes et de deux cent-cinquante jeunes femmes, exercés pendant trois mois. On n’a pas baissé d’un demi-quart de ton. On ne connaît pas ces choses-là à Paris. Au dernier amen, à ce pianissimo qui semble se perdre dans un lointain mystérieux, une acclamation a éclaté à nulle autre comparable, seize mille mains applaudissaient. Puis une pluie de fleurs… et des manifestations de toute espèce. Je vous cherchais de l’œil dans cette foule. »

Retrouvez l'intégralité de l'article consacré à cet événement dans la version en ligne "Alsace, terre de musique et de musiciens - vol. 1" à l'adresse : http://www.fsma.com/publication.html





 


mercredi 7 janvier 2015

1863, Berlioz à Strasbourg (1)



Les 20, 21 et 22 juin 1863, fut organisée à Strasbourg la « septième réunion des sociétés chorales d’Alsace », évènement gigantesque qui a rassemblé des milliers de choristes et des centaines d’instrumentistes. 


Événement tel que l'on a construit, place Kléber, une salle en bois capable d’accueillir plusieurs milliers de personnes. Des polémiques sur cette folie dépensière coururent bon train, et il fallut trouver un président de jury à la hauteur de l'ambition. A l'époque, un nom s'est de suite imposé, celui d'Hector Berlioz.

La salle construite place Kléber à l'occasion de cet événement



La salle avait une façade imposante en trompe l’œil, surmontée d’une statue de Sainte Cécile, et pouvait contenir pas moins de 8000 auditeurs. Elle fut démantelée après le concert.


Les dimensions de la salle et les effectifs exceptionnels déployés pour une œuvre de caractère intime avaient inquiété Berlioz. Dans une lettre à Schwab du 28 mai, après avoir recommandé que le chœur « Que de leurs pieds meurtris » dans la 3ème partie soit chanté piano, il ajoute: « Au reste nous avons bien de la bonté de chercher de telles nuances ; d’après ce que vous me dites et ce que m’a dit Méry de l’immensité de la salle, il est clair que tout effet sera perdu et qu’on n’entendra à peu près rien. Autant valait faire de la musique sur une place publique ». Mais pour finir les craintes de Berlioz s’avèrent sans fondement, comme il le reconnaît l’année suivante dans la Postface des Mémoires :

« On avait construit une salle immense contenant six mille personnes8. Il y avait cinq cents exécutants. Cet oratoire, écrit dans un style presque toujours tendre et doux, semblait devoir être peu entendu dans ce vaste local. À ma grande surprise, il y produisit une émotion profonde, telle était l’attention de l’auditoire, et le chœur mystique sans accompagnement de la fin « O mon âme » provoqua même beaucoup de larmes. Oh! Je suis heureux quand je vois mes auditeurs pleurer !... Ce chœur est fort loin de produire autant d’effet à Paris, où il est d’ailleurs toujours mal exécuté. »
 



Retrouvez l'intégralité de l'article consacré à cet événement dans la version en ligne "Alsace, terre de musique et de musiciens - vol. 1" à l'adresse : http://www.fsma.com/publication.html

lundi 6 octobre 2014

Série de photos - Petersbach (suite...)

Suite de notre précédent article, avec la diffusion de nouvelles photos retrouvées dans les archives de la société de musique "Harmonie" de Petersbach...





Vous avez des informations sur ces photos, ou des archives à nous transmettre, contactez la FSMA : fsma@fsma.com